29 septembre 2009
TOUS EGAUX... OU PRESQUE !
Brice Hortefeux a trop d'humour. Je le sais, il m'a fait une blague un jour. Le ministre de l'immigration et de l'identité nationale doit me recevoir dans son majestueux bureau. Un rendez-vous pour parler des grèves de sans-papiers dans des entreprises. Brice Hortefeux arrive, me tend la main, sourit et lâche : "Vous avez vos papiers ?"...

Trois mois plus tard, lundi 7 juillet, jour de mes 29 ans. Je couvre le Tour de France. Je prépare un article sur ces gens qui peuplent le bord des routes. Sur le bitume mouillé près de Blain (Loire-Atlantique), je m'approche d'une famille surexcitée par le passage de la caravane, pour bavarder. "Je te parle pas, à toi", me jette un jeune homme, la vingtaine.
Je pensais que ma "qualité" de journaliste au Monde allait enfin me préserver de mes principaux "défauts" : être un Arabe, avoir la peau trop basanée, être un musulman. Je croyais que ma carte de presse allait me protéger des "crochets" balancés par des gens obsédés par les origines et les apparences. Mais quels que soient le sujet, l'endroit, la population, les préjugés sont poisseux.
J'en parle souvent à mes collègues : ils peinent à me croire lorsque je leur décris cet "apartheid mental", lorsque je leur détaille les petites humiliations éprouvées quand je suis en reportage, ou dans la vie ordinaire. A quoi bon me présenter comme journaliste au Monde, on ne me croit pas. Certains n'hésitent pas à appeler le siège pour signaler qu'"un Mustapha se fait passer pour un journaliste du Monde !"
A mon arrivée au journal, en juillet 2004, je pars pour l'île de la Barthelasse, près d'Avignon, couvrir un fait divers. Un gamin a été assassiné à la hachette par un Marocain. Je me retrouve devant la maison où s'est déroulé le drame, je frappe à la porte, et le cousin, la cinquantaine, qui a tenté de réanimer l'enfant en sang, me regarde froidement en me lançant : "J'aime pas les Arabes." Finalement, il me reçoit chez lui.
On pensait que le meurtrier s'était enfui de l'hôpital psychiatrique de l'endroit : j'appelle la direction, j'ai en ligne la responsable : "Bonjour, je suis M. Kessous du journal Le Monde..." Elle me dit être contente de me recevoir. Une fois sur place, la secrétaire lui signale ma présence. Une femme avec des béquilles me passe devant, je lui ouvre la porte, elle me dévisage sans me dire bonjour ni merci. "Il est où le journaliste du Monde ?", lance-t-elle. Juste derrière vous, Madame : je me présente. J'ai alors cru que cette directrice allait s'évanouir. Toujours pas de bonjour. "Vous avez votre carte de presse ?, me demande-t-elle. Vous avez une carte d'identité ?" "La prochaine fois, Madame, demandez qu'on vous faxe l'état civil, on gagnera du temps", riposté-je. Je suis parti, évidemment énervé, forcément désarmé, avant de me faire arrêter plus loin par la police qui croyait avoir... trouvé le suspect.
J'ai grandi dans un vétuste appartement au coeur des beaux quartiers de Lyon. En 1977, débarquant d'Algérie, ma mère avait eu l'intuition qu'il fallait vivre au centre-ville et non pas à l'extérieur pour espérer s'en sortir : nous étions parmi les rares Maghrébins du quartier Ainay. Pour que la réussite soit de mon côté, j'ai demandé à être éduqué dans une école catholique : j'ai vécu l'enfer ! "Retourne dans ton pays", "T'es pas chez toi ici", étaient les phrases chéries de certains professeurs et élèves.
Le 21 décembre 2007, je termine une session de perfectionnement dans une école de journalisme. Lors de l'oral qui clôt cette formation, le jury, composé de professionnels, me pose de drôles de questions : "Etes-vous musulman ? Que pensez-vous de la nomination d'Harry Roselmack ? Si vous êtes au Monde, c'est parce qu'il leur fallait un Arabe ?"
A plusieurs reprises, arrivant pour suivre un procès pour le journal, je me suis vu demander : "Vous êtes le prévenu ?" par l'huissier ou le gendarme en faction devant la porte du tribunal.
Le quotidien du journaliste ressemble tant à celui du citoyen...
Depuis plusieurs mois, je cherche un appartement. Ces jours derniers, je contacte un propriétaire et tombe sur une dame à la voix pétillante : "Je m'appelle Françoise et vous ?" "Je suis M. Kessous ", lui répondis-je en usant de mon esquive habituelle. "Et votre prénom ?", enchaîne-t-elle. Je n'ai pas osé le lui fournir. Je me suis dit que, si je le lui donnais, ça serait foutu, qu'elle me dirait que l'appartement avait déjà été pris. C'est arrivé si souvent. Je n'ai pas le choix. J'hésite, je bégaye : "Euhhhhh... Mus... Mustapha."
Source Le Monde
28 septembre 2009
LA PHOTO DE LA SEMAINE...
Cette pause-déjeuner de plus d’un million d’oies du Canada dans une réserve du Missouri, aux Etats-Unis, constitue un événement ornithologique exceptionnel...

D’ordinaire, cet espace de quelque 20 kilomètres carrés n’en accueille en effet qu’une centaine à la fois, au grand maximum un millier, sur la route de leur migration de 4 000 kilomètres entre l’Arctique canadien, où elles nidifient durant l’été, et le golfe du Mexique, où elles passent l’hiver les pattes au chaud. Mais cette année, cette espèce, déjà naturellement très grégaire, s’est révélée d’une extraordinaire sociabilité...
25 septembre 2009
SOMEWHERE BEYOND THE SEA...
Des milliers de vieux ordinateurs, moniteurs et téléviseurs empoisonnent le Ghana. Ils proviennent de pays de l’Union européenne, malgré des lois prohibant l’exportation de tels produits toxiques. Des télés et des ordinateurs qui contiennent des produits chimiques toxiques et qui aboutissent dans des dépotoirs, proche de l'océan, et où ils sont parfois démontés par des enfants âgés d’à peine cinq ans...

24 septembre 2009
BABY BLUES...
La Californie a rejeté un projet d'interdiction du Bisphénol A (BPA). Il prévoyait d'interdire l'usage de cette substance chimique dans les plastiques alimentaires, bouteilles, boîtes et biberons à destination des enfants de moins de 3 ans à partir de 2011...

Le Bisphénol-A entre dans la composition de plastiques transparents résistants au choc et à la chaleur. Au-delà de son usage alimentaire, il est devenu un matériau de choix pour une large gamme de produits allant des DVD aux lunettes, en passant par les produits multimédia, le matériel médical,...
C'est surtout pour son usage dans les biberons que les associations préoccupées par la santé environnementale, dont Antidote Europe, l'ont dans le collimateur. En effet, de nombreuses études épidémiologiques affirment que le Bisphénol-A est un perturbateur endocrinien.
Mais en Californie, l'industrie chimique a vigoureusement défendu sa cause. Certains sénateurs se sont entendus dire que des usines de production alimentaires risquaient de mettre la clef sous la porte si jamais l'interdiction était votée.
Aux Etats-Unis, la Food & Drug Administration est en train de passer en revue les dernières études scientifiques sur le Bisphénol-A. Elle rendra un avis en novembre. En Europe, l'Agence européenne pour la sécurité des aliments a expliqué qu'elle n'avait pas l'intention de revoir sa copie: elle juge le bisphénol-A apte à intégrer les plastiques alimentaires.
Rappelons que neuf sénateurs français ont réclamé l'interdiction du Bisphénol A dans les plastiques alimentaires. Un député toulousain, Gérard Bapt, s'est également emparé du dossier. Et Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'Ecologie, a saisi l'AFSSA d'un réexamen du dossier du BPA...
Source Six Pieds Sur Terre
23 septembre 2009
LE FILM DE LA SEMAINE...
22 septembre 2009
FEMMES JE VOUS AIME... OU PAS !

Un rapport sur l'égalité professionnelle entre hommes et femmes, remis en juillet au gouvernement, parle du "choc de l'arrivée d'un enfant sur l'activité féminine". "Cette rupture se traduit par un renoncement à "faire carrière", pour d'autres par un renoncement à l'activité, en raison de leurs difficultés (...) à concilier leur double vie", selon son auteure, Brigitte Grésy.
Moins d'un cinquième des pères déclarent un changement professionnel suite à une naissance contre près de la moitié des femmes...
Malgré quelques évolutions qui montrent que les pères s'impliquent un peu plus qu'avant, l'inégale répartition des tâches ménagères et éducatives entre père et mère "évolue peu", constate l'Institut national d'études démographiques (Ined) dans une étude "Entre famille et travail" parue fin avril. Et selon une enquête sur "la participation des pères aux soins et à l'éducation des enfants" publiée en mars par la caisse nationale d'allocations familiales, "le bilan est sans appel : les pères sont moins actifs que les mères".
Quand il s'agit de partir du travail au pied levé pour s'occuper d'un enfant malade ou de prendre un congé pour le garder, c'est le plus souvent la mère qui s'y colle, selon une étude de la Drees (statistiques des ministères sociaux) parue en juin. "La moitié des femmes qui travaillent déclarent s'occuper le plus souvent elles-mêmes de l'enfant malade" tandis que "seuls 6 % des hommes qui travaillent s'en chargent". "C'est d'ailleurs à elle que l'on s'adresse le plus souvent : en cas de petite maladie de l'enfant, les institutions de garde la préviennent en premier (...), le père n'étant contacté que si la mère est indisponible", constate la Drees...
21 septembre 2009
LA PHOTO DE LA SEMAINE...

Aucune chance. Ce rongeur est déjà mort, étouffé par les anneaux du serpent qui le dévore. Appelée aussi fausse vipère à cornes, Pseudocerastes persicus peut atteindre en moyenne une longueur de 60 à 80 cm.
Ce serpent difficile à observer est presque exclusivement nocturne. Mais lors des périodes fraîches de l’année, il se fait moins rare à l’aube ou en début de soirée. Peu agressive, cette vipère endémique des régions désertiques de l’Iran produit un fort sifflement lorsqu’elle est dérangée.
Ovipare, elle pond de 11 à 21 oeufs. Sa morsure, très douloureuse, injecte un venin provoquant des hémorragies...
Source Le Figaro
18 septembre 2009
FEMMES DU CONGO...
| « S’il y avait eu la paix, cela ne nous serait pas arrivé » , dit Kasoke Kabunga. Comme des milliers d’autres femmes dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), Kasoke et sa fille ont été violées par des miliciens armés. Sa fille est morte, Kasoke a survécu mais a contracté le VIH/sida. Leur tragédie met un visage féminin sur les 10 ans de guerre en RDC, qui ont fait plus de 3 millions de morts et déplacé 3,5 millions de personnes... ![]() Aujourd’hui, une poignée de Congolaises courageuses essaie d’aider Kasoke et d’autres femmes rescapées à trouver des solutions aux multiples problèmes auxquels elles font face. Il y a aujourd’hui 2 500 rescapées de viols dans la région de Goma et dans les villages environnants que nous avons aidées d’une manière ou d’une autre indique Rachel Kembe, médecin, fait partie de ces Congolaises qui leur viennent en aide. Mais le nombre de victimes continue à augmenter. “Le viol, ajoute-t-elle, est utilisé dans cette guerre comme une arme.” Les estimations de l’ONU confirment la fréquence de cette pratique. Le Secrétaire général adjoint de l’ONU aux opérations de maintien de la paix, Jean-Marie Guéhenno, a déclaré en octobre 2006 que 12 000 femmes et filles avaient été violées au cours des seuls six mois précédents. En 2004–2005, l’ONU et les organisations non gouvernementales (ONG) estimaient que jusqu’à 100 000 femmes avaient été violées dans l’ensemble des provinces de l’Est de la RDC. Les survivantes de viol séropositives ont aussi beaucoup de mal à obtenir les antirétroviraux et les antibiotiques nécessaires pour lutter contre les infections opportunistes. Nyota est l’une des rares survivantes de viol séropositives de Goma traitées aux antirétroviraux, fournis par Médecins du Monde. Seules six des 260 femmes séropositives aidées par l’ANAMAD sont actuellement sous antirétroviraux, note Mme Kembe. “Les ressources qui permettraient de faire la même chose pour les autres ne sont tout simplement pas disponibles.” Traumatisme psychologique Au milieu de ces difficultés quotidiennes, on perd souvent de vue le traumatisme psychologique qu’ont subi ces femmes. Et ce n’est pas seulement les femmes qui ont besoin d’un soutien psychologique, explique Marie Donatienne. “Nos hommes et nos enfants ont été témoins des viols que nous avons subis. Eux aussi souffrent d’un grave traumatisme et ont besoin d’aide.” Impunité et injustice Le traumatisme est souvent aggravé par le fait que très peu de violeurs finissent par être condamnés. Il est difficile de distinguer un groupe d’un autre, et encore plus d’identifier individuellement un agresseur, ce qui complique considérablement les poursuites. L’impunité n’est pas un phénomène propre à la RDC. Au Rwanda voisin, on pense que plus de 100 000 femmes ont été violées pendant le génocide. “Il n’est pas facile de porter soi-même l’affaire devant un tribunal, explique Mariana Mukakarisa qui a survécu à un viol. Les gens de votre communauté ne savent peut-être pas que vous avez été violée. L’idée d’en parler publiquement est difficile… Il y a la honte et l’exclusion. C’est dur.” “Nous voulons briser le silence, a déclaré à Afrique Renouveau Mme Odera. Nous encourageons les leaders d’opinion et les dirigeants politiques à s’élever contre la violence sexuelle et à dire haut et clair que les auteurs de tels crimes seront poursuivis...” Source AFRIK |
17 septembre 2009
C'EST L'HISTOIRE D'UN MEC...
Alfredo Albino Sonda, un Guinéen de 32 ans, attend un bus sur la place de Cibeles, en plein centre de Madrid, après une nuit festive. La plupart des lignes nocturnes passent par ce lieux ultra-touristique et il y a donc plusieurs autres personnes présentes lorsque trois jeunes l'entourent, menaçants, et lui lancent : « Pourquoi êtes-vous aussi nombreux ici ? »

Alfredo Albino tente une réponse mais soudain, les injures et les coups commencent à pleuvoir. Pendant plus de quinze minutes, selon son témoignage, ils s'acharnent en utilisant tout ce qui leur tombe sous la main : bouteilles, pierres, et même une matraque rétractable illégale.
Enfin, la police arrive mais, stupeur, les agents demandent immédiatement ses papiers à la victime, en même temps qu'à ses trois agresseurs.
"Les agents auraient dû, dès leur arrivée sur les lieux, constater qu'ils se trouvaient devant une agression clairement raciste, motivée par la haine et attentant donc aux droits fondamentaux de la victime. C'est un délit qui est recensé dans notre code pénal mais que les mentalités n'ont pas encore assimilé en Espagne " dénonce Esteban Ibarra, président de l'association espagnole" dénonce le Mouvement contre l'intolérance.

La crise alimente les attaques xénophobes...
Selon les rapports élaborés régulièrement par le Mouvement contre l'intolérance, les attaques motivées par la haine sont nombreuses - 350 agressions en 2008 - et la crise économique accentue les tensions alors que le taux de chômage atteint déjà 18%.
Une immigration jetable après usage...
« En Espagne, on a utilisé les immigrés quand tout allait bien et aujourd'hui, vu les difficultés, on les rejette. Comme si l'immigration était “jetable” après usage . » déclare le Mouvement contre l'intolérance.
La police a quant à elle déclaré au quotidien 20 Minutos que son intervention avait été « correcte » puisqu'elle a identifié les agresseurs sur le moment. Selon les propos anonymes rapportés par le journal, ils « n'avaient pas d'antécédents et n'appartenaient pas à un mouvement d'extrême droite. »
Source Rue89
16 septembre 2009
QUI VEUT GAGNER DES MILLIONS...
Trente ans déjà que McDonald's s'est implanté en France, avec pour objectif de vaincre les réticences des consommateurs potentiels. Un combat en partie gagné, grâce à une stratégie de communication imparable...

À l'occasion de la célébration de ses trente ans de présence sur le territoire français, la célèbre chaîne de restauration rapide a partiellement réussi à faire oublier son image de vecteur de malbouffe, au point d'attirer jusqu'à un million de clients par jour. «Les Français viennent moins chez nous que dans d'autres pays, mais ils consomment beaucoup à chaque visite», explique Eric Gravier, l'un des vice-présidents de la filiale française.
La mascotte, Ronald, peut se frotter les mains: grâce à un ticket de caisse moyen à plus de 10euros, contre 3 aux États-Unis, la France est le deuxième pays le plus rentable pour l'enseigne, derrière les États-Unis.
Et malgré le contexte de crise, les ventes de la filiale française devraient augmenter de 10% cette année...
Source Le Télégramme






































